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  • Nos publicationsRevue de presseIEMCinéma itinérant - le numérique pour tous, c’est pas gagné !

    Cinéma itinérant - le numérique pour tous, c’est pas gagné !

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     - Par Anne Lidove -

     

    Le passage au numérique est une échéance inéluctable pour l’ensemble des exploitants de cinéma et les circuits itinérants vont devoir s’équiper. L’enjeu est multiple : rester indépendant dans le choix des programmations, accéder aux films dans des délais raisonnables, et acheter un matériel adapté aux contraintes de l’itinérance.


    Les cinémas itinérants proposent aux populations des communes rurales une offre culturelle de proximité : ils représentent 2 351 points de projections en France et réalisent ensemble 1,54 million d’entrées annuelles. Les quinze circuits itinérants de la Ligue, quasiment tous classés « art et essai » et labellisés « jeune public », sont soutenus par les pouvoirs publics qui reconnaissent leur rôle dans l’aménagement culturel des territoires.

     

    En décembre 2009, dans le cadre du festival de Vendôme, le Collectif des cinémas itinérants tenait ses premiers États généraux. Le Centre national du cinéma (CNC) a présenté une étude très complète sur l’activité des circuits itinérants et a affirmé sa volonté que tous les exploitants puissent s’équiper en numérique. Le CNC va adresser un cahier des charges techniques aux fabricants de projecteurs numériques afin qu’un matériel adapté à leurs contraintes puisse être commercialisé en France.

     

    Parallèlement, une loi relative à l’équipement numérique des cinémas a été votée le 16 juin 2010. Son but : permettre à l’ensemble du parc de salles françaises de s’équiper pour garantir la diversité de l’offre cinématographique. Elle établit l’obligation d’une contribution des distributeurs des copies numériques en faveur des exploitants qui sortent les films afin de participer au remboursement de leur investissement (et cela pour les deux premières semaines d’exploitation). La loi prévoit également que la programmation et l’aide financière apportée soient indépendantes.

     

    Une loi lacunaire

     

    Mais elle reste très insuffisante ! Tout d’abord, elle ne règle pas le financement des équipements pour les exploitants qui ont accès aux films tardivement (soit la moitié des écrans français, toutes les petites salles municipales, les circuits itinérants…) et n’établit ni plafond ni plancher pour le versement des contributions numériques ! Ensuite, elle ne prévoit rien au-delà de 10 ans, alors que les équipements ont une durée de vie inférieure, pas plus qu’elle ne prévoit des négociations de gré à gré, avantageant ainsi les groupements d’exploitants, en d’autres termes les multiplexes. Enfin, cette loi est en complète contradiction avec le principe du transfert de la TSA, taxe prélevée sur tous les tickets de cinéma et finançant solidairement tout le système, depuis 1946.

     

    Tous les amendements proposés pour que la loi encadre mieux ce passage au numérique et concerne effectivement la totalité des exploitants ont été rejetés. Elle va être examinée par le Sénat courant septembre.

     

    Pour tous ceux qui ne peuvent bénéficier de ce reversement (ou pas suffisamment), le CNC prévoit de mettre en place une aide spécifique. Celle-ci pourrait être complétée par des subventions des collectivités territoriales. Pourtant, le principe du fonds de mutualisation – proposé initialement par le CNC et rejeté par l’Autorité de la concurrence en février 2010 – permettait le financement des équipements par la branche cinématographique uniquement, solution moins coûteuse pour les finances publiques…

     


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