Dossier IEM : la société civile en Europe

Perte de confiance dans les institutions nationales, défiance envers les organes européens… Le projet européen fait peu rêver. Pour autant, la délibération démocratique n’est pas absente en Europe. Et il y a là, pour les associations et la société civile, un espace démocratique à investir davantage. 

Les élections au niveau européen passionnent peu. Le projet européen ne fait plus rêver et la crise financière a conduit les opinions publiques à douter de l’efficacité de la technostructure bruxelloise. À cette défiance croissante à l’égard des institutions s’ajoute la montée du populisme en Europe.

Perte de confiance dans les institutions nationales d’un côté, défiance envers les organes européens de l’autre : le niveau supranational
ne peut plus servir de soupape de sécurité aux déceptions intérieures. L’Europe, réduite à un grand marché emporté par la seule logique de la concurrence, ne serait pas (plus) démocratique. La réalité est plus complexe. Les institutions comme la Commission ou les organes, comme la Banque centrale européenne exercent des pouvoirs, potentiellement considérables, qui leur ont été confiés à tort ou à raison par les États eux-mêmes.

La réalité est-elle si noire ? Pas si sûr, car la délibération démocratique n’est pas absente en Europe. Pour le monde associatif et plus largement pour la société civile, qui cherche souvent en vain sa place dans le modèle politique français dominé par le clivage gauche-droite, il y a là, potentiellement, un espace démocratique qui n’est peut-être pas suffisamment investi. La question de la représentativité des organisations appelées à participer au dialogue civil pourrait être en partie réglée par l’adoption du statut de l’association européenne, étape symbolique de la construction d’une société civile reconnue et écoutée.

Icon of Europe : quels espaces démocratiques? Idées en mouvement 218 - avril 2014

Europe : quels espaces démocratiques? Idées en mouvement 218 - avril 2014

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