Rapport PISA : un fort déterminisme en France

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La France se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE quant aux compétences de ses adolescents en sciences notamment. Mais l’enquête PISA 2015 « révèle » une fois de plus l’inégalité du système éducatif français. Une tendance à l’œuvre depuis maintenant 10 ans.

La sixième mouture de l’enquête internationale met l’accent cette fois sur les compétences des adolescents en sciences. Avec un score de 495 points, la France se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE (493 points) – au même niveau que l’Autriche, la Suède ou les Etats-Unis. Mais reste bien en deçà de Singapour, du Japon, de l’Estonie, de la Finlande et du Canada.

Le score moyen français cache toutefois de très fortes disparités : 118 points séparent le résultat de l’enfant « bien né » de celui d’origine très modeste. Le premier a obtenu en moyenne 558 points aux tests ; le second seulement 441 points. C’est l’un des écarts les plus forts parmi les 72 pays ou économies qui ont participé à l’enquête. Pour l’OCDE : « Le milieu socio-économique explique en France plus de 20 % de la performance obtenue par les élèves de 15 ans, contre seulement 13 % pour la moyenne des pays de l’OCDE. »

La France a un peu plus d’élèves très performants et performants que la moyenne mais elle bute toujours sur un noyau dur d’élèves en difficulté (dont les compétences en sciences sont bien en deçà des compétences que tous les élèves devraient atteindre à la fin de leur scolarité obligatoire). Sur les mathématiques et la compréhension de l’écrit, la situation est stable et les élèves français restent dans la moyenne (ils ont même gagné quelques points en compréhension de l’écrit).

Enfin, il faut signaler que sur ce domaine majeur d’évaluation que sont les sciences, la France se distingue par ses méthodes d’enseignement. Elle a très peu de tutorat : 30 % en moyenne, contre 77 % dans les établissements des pays de l’OCDE. De même, la pratique de l’évaluation est peu répandue : à peine 23 % des élèves de 15 ans sont scolarisés dans un établissement où le chef d’établissement les pratique, contre 69 % en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Ressources complémentaires :
Comment lire la prochaine enquête PISA (sur les limites des enquêtes et leur interprétation variable), article de Marie Duru-Bellat dans Altereco+

« Ne baissons pas les bras ! », l’interview de Jean-Paul Delahaye dans le Café pédagogique