20 juin : Journée mondiale des réfugiés (et des exilés !)

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Décrétée en décembre 2000 par une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies, la Journée mondiale des réfugiés rend hommage aux personnes qui ont dû fuir leur pays ou région d’origine en raison de menaces qui pesaient sur leur sécurité et leur vie. À cette occasion, de nombreuses manifestations sont organisées à travers le monde. Elles visent à faire comprendre les situations des réfugiés et à promouvoir la nécessité de les accueillir dans le cadre d’une responsabilité mondiale. L’intitulé de cette journée ne doit cependant pas occulter l’existence d’une diversité de situations, dont une grande partie n’est pas couverte par le statut de « réfugié », qui bénéficie de droits spécifiques. 70 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur pays d’origine ces dernières années (chiffres de l’UNHCR en 2018). L’ensemble des populations exilées doivent pouvoir être accueillies et protégées, au nom des principes de l’humanité.

Bien qu’elles soient une constante de toute l’histoire humaine, les migrations, volontaires ou forcées, sont souvent au cœur de l’actualité et des débats politiques, notamment à l’approche des élections régionales et départementales pour les plus proches, ou nationales en 2022. Les médias et discours politiques se font relais de préjugés et de stéréotypes. Il n’est pas rare d’entendre que « les exilés nous envahissent », « qu’ils n’avaient qu’à rester chez eux », « que la France traverse une période socio-économique difficile et qu’elle n’a pas les moyens d’aider »… Autant d’idées fausses qu’il est indispensable de déconstruire, en sensibilisant, en informant et en éduquant sur la situation des exilés, sur les discriminations, sur l’interculturalité et le vivre-ensemble. L’ouvrage Pour en finir avec les idées fausses sur les migrations, édité avec le soutien de la Ligue de l’enseignement, est un excellent outil pour rétablir les faits et la réalité.

À l’échelle européenne, espace de solidarité et de cohésion, les questions migratoires occupent une place centrale. La question de l’accueil et de la protection des personnes exilées est cependant souvent occultée par celle de la protection et du contrôle des frontières, comme en témoigne la réallocation de fonds dédiés à l’accueil et à l’accompagnement vers un financement visant au renforcement des contrôles aux frontières. En outre, les droits humains et le droit à l’asile sont régulièrement bafoués, notamment dans le cadre de camps créés à destination des migrants. Il est nécessaire de veiller au respect des droits fondamentaux, d’autant plus avec l’épidémie de la Covid-19 qui constitue une menace supplémentaire pour ces populations, qui vivent dans des conditions sanitaires difficiles, notamment liées à une forte promiscuité et un accès restreint à l’eau.

La communauté internationale doit jouer un rôle capital. Elle doit œuvrer pour trouver des solutions durables et humaines et ne pas faire des exilés un danger potentiel. Par exemple, pour ce qui concerne les inévitables migrations provoquées par les dérèglements climatiques, les pays concernés devraient disposer des ressources nécessaires pour y faire face. En 2018, du fait de catastrophes naturelles, 28 millions de personnes ont dû fuir dans une autre région ou un autre pays (chiffres de l’UNHCR). Cependant, cette raison n’est pas éligible pour bénéficier de la protection internationale ou du statut de réfugiés : elle mériterait d’être reconnue à ce titre ou un autre statut protecteur.

La Ligue de l’enseignement défend une politique d’accueil et d’hospitalité, respectueuse de la diversité et une solidarité active envers les exilés à toutes les échelles, du local à l’international. Il est de notre responsabilité de proposer des politiques d’accueil aux personnes exilées, qui ont fui leur pays d’origine, à cause de catastrophes climatiques, de persécutions, de conflits armés, d’extrême pauvreté… et sont ensuite confrontées à un parcours chaotique, semé d’embûches.