Cinéma et convivialité au menu du Festival du film arabe de Fameck

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Pendant 10 jours, en octobre, Fameck vit au rythme de son festival dédié au cinéma arabe. Un événement où la culture se vit en grand : une centaine de projections complétées par des débats, des animations pour adultes et enfants, des conférences, des expositions… le tout autour d’un thé à la menthe ou d’un couscous. Créé il y a bientôt 30 ans, le festival est coordonné par la Cité sociale de Fameck et la Ligue de l’enseignement de Moselle.

Créé il y a 29 ans au cœur du quartier de Fameck par un petit groupe de jeunes et un prêtre-ouvrier et animateur du centre social, ce festival est aujourd’hui un rendez-vous culturel international majeur. L’édition 2018 a lieu jusqu’au 15 octobre.

Chaque film – plus de 100 projections pendant 10 jours – est prétexte à la rencontre, à l’échange, aux discussions qui s’éternisent autour d’un thé à la menthe ou d’un couscous. C’est ce qui fait notamment le charme de ce festival : sa convivialité et la proximité entre le public et les cinéastes. « On a souvent associé au festival l’étiquette d’un cinéma d’auteur, mais il est d’abord grand public » rappelle Mahjouba Galfout, coordinatrice et déléguée artistique de l’événement.

Cette année, c’est l’Égypte qui est à l’honneur. « Ce cinéma est en plein renouveau et sa dynamique correspond aux mouvements de la société. C’est aussi un retour aux sources car l’Égypte est le berceau du cinéma arabe. Omar Sharif, qui fait l’affiche, et Youssef Chahine, auteur d’une quarantaine d’œuvres de fiction ou documentaires, à qui l’on consacre une rétrospective, sont nos parrains » précise Mahjouba Galfout.

Le festival propose également de découvrir de jeunes réalisateurs algériens, marocains, tunisiens ou libanais. « Avec les révolutions arabes, la guerre en Syrie… les réalisateurs, aujourd’hui, s’emparent de sujets d’actualité. Le public découvre ainsi des films forts, sur des sujets forts : la montée de l’intégrisme, la place des femmes, les difficultés sociales… » précise la coordinatrice.

Pour présider le jury de cette 29ème édition, le festival a créé la surprise en choisissant un cinéaste originaire de Moselle : Samuel Theis. Le réalisateur de Party Girl (Caméra d’or au festival de Cannes en 2014) a d’abord été surpris mais trouve « intéressant, par rapport au territoire, d’avoir un président lorrain ». Et de préciser son intérêt de présider un tel événement : « J’attends de ce festival qu’il me raconte ces pays. Que les films mettent en résonance ce que l’on voit depuis la France. Qu’ils traduisent les combats modernes que sont la condition de la femme, la jeunesse qui bouge, la révolte… (…) Des festivals comme celui de Fameck nous permettent de découvrir des films qui ne sont pas distribués en France. C’est une vraie richesse. »

Un festival ancré dans la Cité
« Le cœur de la manifestation reste la Cité sociale de Fameck » insiste Anne-Marie Hennequin, présidente du festival. Qu’ils viennent profiter d’une séance ou donner un coup de main aux bénévoles, une fois par an, les usagers et voisins de la Cité sociale accueillent les festivaliers, cinéphiles, acteurs et réalisateurs, offrant à la manifestation une ambiance conviviale.
« Je devais avoir trente ans quand le festival a démarré… » se rappelle Akli Belghit. Depuis, il n’a manqué aucune édition. « Je ne vois pas tous les films, mais je viens tous les ans, tous les jours » assure le Fameckois, voisin de la Cité sociale. « C’est super convivial, ça permet de connaître des gens de l’extérieur, de discuter avec des réalisateurs, des acteurs. »

Arrivée à Fameck il y a une vingtaine d’années, Hinda Tadjine a découvert le festival avec des copines. « On est venue ensemble pour voir un film algérien, ça nous fait sortir de chez nous, voir autre chose ». Maintenant, elle prépare des montagnes de pâtisseries pour les festivaliers. « Avec ce travail, on n’a pas le temps de voir les films mais le festival c’est toujours une ambiance merveilleuse, parce qu’on est tous mélangé : les bénévoles, les cuisiniers, les festivaliers. »

 

Le festival en quelques chiffres :

  • 15 000 entrées
  • 35 invités
  • 4 lieux de diffusion
  • 50 films, 16 courts métrages et 110 projections

 

Supplément du Républicain Lorrain consacré au Festival de Fameck :

Icon of Le Républicain Lorrain - Supplement Festival de Fameck

Le Républicain Lorrain - Supplement Festival de Fameck

(20.2 MiB)