Citad’elles, le féminin sans barreau

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Accorder une place centrale à la voix des femmes, tel est l’objectif de l’association « Établissements Bollec », qui, en 2012 et avec l’appui de la Ligue de l’enseignement d’Ille-et-Vilaine dont il est partenaire, créa un magazine entièrement réalisé par des détenues. Plus qu’un projet, « Citad’elles » est une véritable aventure humaine qui permet la diffusion de la parole des femmes détenues.

Dans les coulisses de Citad’elles, nous découvrons l’association « Etablissements Bollec » à l’initiative du magazine. Créé en 2005, ce collectif d’artistes valorise avant tout l’échange et l’expérience humaine à travers de nombreux projets sous la forme d’ateliers, expositions et formations professionnelles qui prônent des principes d’éducation populaire et de « faire ensemble ».

En 2013, après une première intervention en milieu pénitentiaire un an auparavant, l’équipe des « Établissements Bollec » pose ses valises artistiques à la prison des femmes de Rennes et rencontre la Ligue de l’enseignement 35 qui coordonne la programmation culturelle au centre pénitentiaire. C’est à cette occasion que naît cette initiative unique en Europe, une revue réalisée entièrement par les détenues, épaulées par des professionnels du journalisme, du graphisme et des arts plastiques. Cette entreprise profondément humaine accorde une véritable légitimation de la parole des femmes et concède la diffusion du discours des détenus, d’ordinaire imperceptible aux oreilles de la société.

C’est par le biais de ce projet d’envergure – le magazine est désormais diffusé dans de nombreuses prisons et est rendu accessible au grand public sur le site en ligne – que les femmes prennent davantage confiance en elles. Certaines découvrent ce que représente la liberté d’expression et développent un bel esprit critique en proposant des sujets de qualité au sein d’une équipe bienveillante et toujours encourageante. D’autres  considèrent l’écriture d’articles et le dessin comme un moyen de s’améliorer en orthographe et de laisser libre court à leur créativité. In fine, toutes s’efforcent de faire entendre leur voix en partageant un sujet qui leur tient à cœur.

Travail au long cours au rythme de 3 numéros par an, le magazine est reconnu par ses pairs : il a reçu le « Prix Education aux Médias & à l’information » dans la catégorie projet associatif aux Assises Internationales du Journalisme de Tours en 2018. Citad’elles reçoit aussi de nombreux invités, de la ministre de la justice à Jamel Debbouze… mais surtout lève le voile sur la vie carcérale et le chemin vers la réinsertion.

Sur le site de citad’elles , vous retrouverez tous les numéros de la revue ainsi qu’un documentaire sur sa création.