• home
  • Actualité
  • CNAL : « L’enseignement privé prend-il sa part de la nécessaire mixité sociale ? »

CNAL : « L’enseignement privé prend-il sa part de la nécessaire mixité sociale ? »

forum_initiatives_jeunes10

Dans une interview publiée le 21 mai 2018 pour la Lettre de l’éducation (Le Monde), Jean-Paul Delahaye,  vice-président de la Ligue de l’enseignement et président du Comité national d’action laïque (Cnal),  présente les enjeux du colloque du 13 juin prochain au cours duquel seront présentés les résultats de l’enquête réalisée auprès des enseignants sur l’application et l’enseignement du principe de laïcité.

Vous présidez depuis septembre 2017 le Comité national d’action laïque (CNAL). Quel est son rôle ? 
Le Cnal est un collectif historique qui n’a cessé, depuis sa fondation en 1953, d’assurer sa mission de défense et de promotion de la laïcité dans l’école. Je le préside cette année, car c’est la Ligue de l’enseignement, dont je suis le vice-président, qui en assure la présidence tournante. Celle-ci est assurée à tour de rôle par un représentant des cinq organisations fondatrices du CNAL : la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), la Fédération des délégués départementaux de l’éducation nationale (DDEN), l’UNSA-éducation, le SE-UNSA et la Ligue de l’enseignement. Son secrétaire général, qui assure la permanence de ce collectif, est Rémy-Charles Sirvent, représentant du SE-UNSA.

Le Cnal prépare un colloque le 13 juin à Paris sur le thème « la laïcité et l’école : les enseignants ont la parole ». Pourquoi maintenant ? 
C’est l’aboutissement d’un processus. Nous avons consacré toute cette année scolaire à une étude qui se décline en trois dimensions : un sondage réalisé par l’IFOP auprès de 650 enseignants, de nombreuses auditions d’acteurs de terrain, d’universitaires, etc., et une enquête de terrain menée par les militants de nos cinq organisations pour recueillir la parole des enseignants. Le 13 juin, en présentant la synthèse de ces trois sources, nous procéderons à un bilan aussi précis que possible de l’application du principe de laïcité dans les écoles et établissements scolaires publics. La laïcité assure à tous un cadre propice à la transmission des savoirs et à l’exercice de la citoyenneté, mais il est important de faire le point sur les conditions actuelles de sa transmission. Où en est la formation des enseignants, initiale et continue, en ce domaine ? De quels outils pédagogiques disposent-ils ? Comment s’y prennent-ils avec la Charte de la laïcité ? Quelles sont les activités qu’ils mettent en œuvre mais aussi les difficultés et parfois les contestations qu’ils rencontrent ? Car il y a de belles réussites qu’il faut absolument faire connaître, et aussi des obstacles dont il faut parler. Ce sont des questions d’actualité sur lesquelles le Cnal n’a pas l’intention de mettre la poussière sous le tapis.

Qu’en est-il aujourd’hui de votre position sur l’enseignement privé ? Compte tenu de l’histoire de votre mouvement, certains pourraient penser que vous cherchez à relancer la « guerre scolaire »… 
Le Cnal ne relance pas la guerre scolaire. Le Cnal ne se résout pas – c’est une donnée inscrite dans son histoire -à l’existence d’un dualisme scolaire qui sépare la jeunesse et que nous continuons à contester dans son principe. Autant la liberté de l’enseignement est un droit fondamental et un marqueur fort des démocraties, autant l’ Etat n’a aucune obligation d’organiser un financement public des établissements privés, qui sont essentiellement confessionnels. Leur financement est aujourd’hui assuré à la fois par l’Etat, par les collectivités territoriales et par des dispositions de défiscalisation des dons aux fondations. Or le calcul du montant global de ces financements, qui se traduit par des manques à gagner pour les budgets publics, n’a jamais été effectué. Un exemple : le 7 décembre 2017, par décret, le gouvernement a prélevé 20 millions d’euros sur le financement du secondaire public et attribué 10 millions au privé. Quelle urgence a présidé à cette dotation et quels programmes de l’enseignement public ont été réduits en conséquence ? Nous attendons toujours les réponses… Par ailleurs, certaines collectivités territoriales subventionnent sans compter les établissements privés, sous contrat ou hors contrat. Ce que nous demandons, c’est une évaluation de cette politique pour vérifier que le cadre légal n’est pas débordé et que l’intérêt général est respecté. Qu’on fasse donc le point ! Et qu’on évalue ensuite le rapport entre l’investissement réalisé et le service rendu à la nation. L’enseignement privé prend-il sa part de la mixité sociale et scolaire indispensable à une République qui met la liberté, l’égalité et la fraternité au fronton de tous les établissements publics ? Est-ce relancer la guerre scolaire que de poser publiquement ces questions ?

 

Télécharger le programme du colloque du Cnal, le 13 juin à Paris :

Icon of CNAL - Programme colloque 13 06 2018

CNAL - Programme colloque 13 06 2018

(0.8 MiB)