Colo musicale : « Les enfants du jazz » fêtent leurs 25 ans

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La commune de Barcelonnette, dans la vallée de l’Ubaye (Alpes de Haute-Provence), faisait partie de la 18ème étape du Tour de France 2019. Mais surtout, elle fêtait cette année les 25 ans d’un festival de musique un peu particulier : « Les enfants du jazz » ; une colonie de vacances proposée par la Ligue de l’enseignement et qui mêle des jeunes musiciens, de tous niveaux, et des pointures du jazz tels que Marcus Miller ou Ibrahim Maalouf.

« Les enfants du jazz » fait ainsi partie des nombreuses colos imaginées par la Ligue (via Vacances pour tous). Pensée au départ comme un campus musical, la colo séduit rapidement des stars de la discipline qui viennent transmettre et partager leur passion du jazz. « Une expérience unique pour les artistes comme pour les jeunes musiciens » explique Stéphane Kochoyan, pianiste jazz, compositeur et directeur artistique du festival. Et de préciser que « notre but n’est pas de former des musiciens. Mais de dire voilà, le jazz, c’est ça. On va être ensemble pour en écouter, en jouer. Il y a une dimension pédagogique, de partage, socioculturelle, et peut-être même sociétale ».

« La liberté d’être ce qu’on est au moment présent »
Anne Paceo, 34 ans, batteuse et compositrice avec 6 albums et 2 Victoires du jazz à son actif, a été stagiaire des « Enfants du jazz » dans les années 90. « Rencontrer des musiciens de ce niveau, jouer avec eux, c’est tellement motivant. Ça m’a donné envie d’en faire mon métier. (…) A 19 ans, je jouais avec Christian Escoudé. C’était dingue ! C’est ça aussi qui fait grandir, ce sont les anciens qui transmettent la flamme » explique-t-elle.

Concrètement, la colo « Les enfants du jazz » se décline en trois stages : instrumental (aspects techniques, pratique collective, approche du solo et de  l’improvisation…) et chant (aspects techniques, percussions, ensemble vocal…) s’adressant tous deux à des jeunes âgés de 15 à 18 ans. Et une initiation au jazz, pour les 12-14 ans, à travers des ateliers vocaux et instrumentaux.

La 25ème édition, qui se déroulait jusqu’au 28 juillet, était placée sous le signe du métissage avec « rock des Balkans » d’Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra, la bossa-nova de Gilberto Gil, en passant par le zouk du groupe Kassav. En parallèle, un festival « off » rassemblait d’anciens stagiaires et de jeunes musiciens qui ont sillonné la région pour jouer dans des cafés, des restaurants ou en terrasse ; une première expérience professionnelle pour bon nombre d’entre eux. Une 25ème édition riche, comme les précédentes, et qui a rassemblé quelque 8 000 spectateurs sur l’ensemble du festival, des Ubayens et beaucoup de touristes.

Stéphane Kochoyan, qui porte le festival depuis ses débuts, ne s’en lasse pas et conclut en résumant : « Le jazz est un vecteur de liberté, de paix et de résistance contre les discriminations. (…) Et quand vous venez dans un festival de jazz, ce sont ces valeurs-là qu’il faut déguster. »

 

Plus d’informations sur la colo

Source : Le Dauphiné libéré, 18/07/2019