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#Dutilitécitoyenne : diminution des contrats aidés, réduction des services… les familles doivent s’adapter

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Cette année, pour la première fois en 47 ans, le centre de loisirs de la MJC d’Asnières-sur-Bourges n’ouvrira pas à Noël. En cause : la suppression de plusieurs contrats aidés dans la structure. Aucune des 7 personnes bénéficiant de ce dispositif à la MJC ne pourra être renouvelée. L’une d’elle a déjà terminé son contrat et a été embauchée en CDD, mais à temps partiel. Il n’y aura donc pas suffisamment d’animateurs pour accueillir les enfants pendant les vacances. Une situation qui impacte de nombreuses familles.

« La fermeture du centre de loisirs nous oblige à trouver un autre moyen de garde » explique Séverine, maman de 2 enfants. « Alors, on se tourne vers les grands-parents, mais ce n’est pas toujours possible. Et puis, c’était un plus pour les enfants ces vacances au centre de loisirs : il y avait une vraie réflexion sur Noël et sur la diversité culturelle ».

 Au mois de mai, la MJC n’aura plus aucun contrat aidé, ce qui pose des questions sur le fonctionnement du centre de loisirs tout au long de l’année. Si la situation perdure, la direction devra réduire d’autres activités : limiter l’accueil en centre de loisirs à la demi-journée, diminuer l’offre périscolaire… Des changements qui pénaliseraient fortement les familles. « Si la MJC n’assure plus autant d’accueil qu’avant, ça complexifiera notre organisation », témoignage Maxence, papa d’un enfant du centre de loisirs. « Car nous n’avons pas d’alternative : l’accueil est insuffisant dans les écoles et les centres de loisirs de Bourges sont très excentrés et peu accessibles, on ne peut pas s’y rendre. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous tourner vers la MJC. Et puis, si les animateurs de la MJC ne sont pas assez nombreux pour aller chercher les enfants à l’école, qui va le faire ?»

La suppression des contrats aidés impacte également les budgets, et notamment celui des familles. A la micro-crèche de Laversines, dans l’Oise, les tarifs augmenteront dès janvier 2018. La structure n’aura plus qu’un seul contrat aidé, ce qui l’oblige à recruter et donc, à trouver des fonds pour financer cet emploi. « Les familles bénéficiaient d’un des tarifs horaires les plus bas de l’Oise » explique la directrice, Isabelle Pinol. « C’était un parti pris pour donner un accès à ce mode de garde aux familles les plus modestes. Dès janvier 2018, on passe de 6,70 € à 7 € de l’heure. Et en  septembre, le tarif horaire connaîtra une nouvelle hausse, suite à la fin d’un second contrat aidé. On ne sait pas du tout comment les familles vont le prendre. Certaines ne pourront pas forcément assumer cette hausse, et devront trouver un autre mode de garde, ce qui est compliqué dans ce secteur rural. »

« Pilar est notre troisième enfant et le choix de son mode de garde demande de la réflexion », raconte Audrey. « Pour nous, l’augmentation sera visible à partir de septembre 2018, avec une hausse moyenne de 100 € par mois. Si cette augmentation permet de pérenniser la structure et les actions éducatives mises en place pour les tout-petits, alors nous l’acceptons. Mais nous sommes contrariés de ne pas avoir été prévenus dès l’inscription qu’une augmentation devait intervenir dans les mois à venir ».

De son côté, Charlotte, la maman de Rose, n’arrive pas encore à prévoir les conséquences de ces augmentations. « N’ayant que peu de recul sur le coût restant à notre charge une fois la CMG déduite, nous avons globalement bien pris la nouvelle. Mais nous avons également appris qu’il y aurait deuxième hausse de prix  en septembre. Nous attendons de voir le montant de l’augmentation suite à la simulation que la directrice doit nous faire. Bien que nous ne regrettions pas d’avoir mis notre fille en crèche, nous espérons que ces deux augmentations ne vont pas peser trop lourd sur notre budget. »

Tant pour la MJC d’Asnières-sur-Bourges et la réduction de certaines d’activités, que pour la micro‑crèche de Laversines qui doit augmenter les tarifs, la suppression des contrats aidés touche en premier lieu les bénéficiaires de ces structures. Certaines familles devront revoir entièrement leur mode de garde.