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#dutilitecitoyenne : des ateliers de vélos participatifs et solidaires menacés de disparaître

VElo

La Petite Rockette est une ressourcerie emblématique du 11ème arrondissement de Paris. Depuis près de 12 ans, elle rassemble habitants, voisins ou amis du quartier. Mais depuis l’annonce de la suppression des contrats aidés, l’avenir de l’association est sur la sellette : 14 emplois y sont menacés.

L’association voit le jour en 2005, en ouvrant le squat de la rue Saint-Maur. Les membres du collectif s’installent alors dans un bâtiment du ministère des Finances, inoccupé depuis 5 ans, et sans projet d’avenir. Dès 2009, la Petite Rockette embauche 3 contrats aidés sur des postes de coordination, communication, administration, régie… pour développer les activités de la structure. « Dans une petite association, la formation se fait automatiquement puisqu’il faut apprendre à être polyvalent, et savoir tout faire » explique Dimitri Callens, le directeur. Quelques années plus tard, la Petite Rockette passe à 10 puis 14 emplois aidés pour faire face à l’explosion de l’activité. En 2013, après plusieurs déménagements, la Petite Rockette s’installe au 125 rue du Chemin Vert : 1 200 mètres carrés qui permettent de diversifier les activités. Un café associatif est ouvert, la ressourcerie prend de plus en plus d’ampleur, des salles de répétition et de réunion sont mises à disposition des habitants et intervenants du quartier, un jardin partagé est également aménagé… « La Petite Rockette est un projet citoyen, un projet de solidarité » poursuit Dimitri. « Les contrats aidés, c’est un dispositif pour remplacer les services que n’assure pas l’État. Il nous permettent de financer l’intérêt général ».

Un contrat aidé, c’est entre 7 000 et 8 000 € perdus chaque année pour une structure. A la Petite Rockette, ils représentent actuellement 17 % du budget. « Lors de l’annonce de la diminution des contrats aidés cet été, on a découvert qu’on perdait tous nos contrats, les 14 » explique le directeur. L’association a conscience des limites de ce dispositif d’emplois, pourtant essentiel pour des structures à petits budgets. A la Petite Rockette, les contrats aidés sont financés à hauteur de 20h par semaine, l’association complète toujours pour atteindre 26 ou 30h. « On est d’accord, ces emplois aidés ne sont pas satisfaisants, ils sont précarisants pour les personnes qui en bénéficient. Mais à la Petite Rockette, on a toujours été clair : dès qu’on crée un poste, c’est un emploi aidé, mais notre objectif, c’est sa pérennisation. À la fin des renouvellements du contrat aidé, si la personne veut rester, on transforme le poste en CDI.” Ainsi, depuis 2009, 44 personnes ont été embauchées à la Petite Rockette, et 15 ont été transformés en CDI. Le directeur, Dimitri Callens, en est le parfait exemple : il a été pendant 3 ans sur un contrat aidé avant de bénéficier d’un emploi tremplin puis d’un CDI.

 Mais aujourd’hui, la suppression des contrats aidés menace l’avenir de plusieurs projets. « En mai 2017, on a ouvert la Cycklette, un atelier de vélo participatif et solidaire. Les deux salariés qui portent le projet sont en contrat aidé. Si demain le dispositif n’évolue pas, l’atelier est très clairement menacé, et au bout d’un an d’existence seulement…« . La Cycklette, pour les habitants du quartier et les adhérents, c’est un moyen d’apprendre la mécanique du vélo, de réemployer des pièces d’occasion, réduire ses déchets ou la possibilité de troquer les vélos des enfants, devenus trop petits, pour d’autres tailles. Mais c’est aussi un lieu d’échange, solidaire, participatif, qui crée du lien entre des citoyens souvent un peu isolés.

La Cycklette n’est pas le seul projet menacé de disparition avec celle des emplois aidés. « Nous devions ouvrir une 2ème ressourcerie et un café associatif dans le 12ème arrondissement, pour permettre à plus de personnes de participer à ces activités solidaires, de réduire leurs déchets et de se rencontrer. Au vue de la situation, nous ne pouvons pas envisager de nous lancer dans un projet de cette ampleur« .

À l’heure actuelle, plusieurs contrats aidés entrent dans les nouveaux critères du gouvernement et peuvent être maintenus, un autre a été transformé en CDI. La Petite Rockette tente également de maintenir en poste les personnes qui ne peuvent pas être renouvelées à l’heure actuelle, avec toutes les répercussions que cela implique pour la structure et ses activités. “Même si on arrive à maintenir les postes, chaque poste en moins est une menace pour l’avenir du projet et le met en péril dans son ensemble. En l’état, avec maintien des postes et éligibilité aux nouveau critères on a 50 000 € à trouver en plus ! De l’argent qu’on n’investira ni dans le maintien de la Cycklette, ni dans une nouvelle ressourcerie”.

En attendant, une nouvelle aide ou de nouveaux critères, l’association essaie tant bien que mal de poursuivre ses activités et mobilise habitants et voisins pour l’aider à ne pas disparaître. Les bénévoles tentent d’épauler les salariés, de s’impliquer, avec toutes les limites que cela représentent : manque de disponibilité, d’accompagnement et de compétences…

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