Des lectures « Lire et faire lire » pour les enfants réfugiés

« La solidarité n’a pas de frontières », c’est la devise choisie cette année pour la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin prochain. Cette journée vise à rendre hommage aux réfugiés, aux demandeurs d’asile, aux personnes déplacées et aux apatrides. Tout au long de la semaine, la Ligue de l’enseignement mettra en lumière des initiatives de solidarité portées par ses fédérations départementales en faveur de ces publics : aide à l’insertion professionnelle, accompagnement éducatif, actions culturelles… Aujourd’hui, plus que jamais, le réseau de la Ligue de l’enseignement est solidaire et apporte son soutien aux personnes réfugiées ou en quête de protection et d’assistance, particulièrement impactées par la crise socio-économique et sanitaire.

 

À Giat, petite commune rurale du Puy-de-Dôme, les enfants du Centre d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) profitent, depuis quelques années, de séances de lecture proposées par Éliane Laguet, bénévole « Lire et faire lire ». Une belle expérience qui mêle culture, intégration et solidarité.

Depuis bientôt 20 ans, Éliane Laguet lit des histoires à des enfants et des collégiens de Giat et de Clermont-Ferrand. Elle est, en effet, bénévole « Lire et faire lire » (1) auprès de la Ligue de l’enseignement du Puy-de-Dôme.

En 2017, elle rencontre, dans une bibliothèque, Maëva Colson, une des responsables du Centre d’accueil des demandeurs d’Asile (Cada) situé à Giat. Rapidement, l’idée d’y organiser une séance de lecture émerge. La première séance a lieu en avril, pour les enfants réfugiés scolarisés en primaire accompagnés de leur maman.

L’expérience se renouvelle en 2018 durant les vacances. Cette fois, les séances de lecture se déplacent dans plusieurs lieux de la ville – arborétum, bibliothèque et la motte castrale – afin de faire découvrir le territoire aux enfants du Cada. La participation de ces derniers, ainsi que de leurs familles, se fait de plus en plus régulière au fil des séances.

Chaque lecture donne lieu à la création d’un imaginaire à travers des décors, du théâtre, des marionnettes, de la musique… « Pour créer un cadre propice à la lecture, nous avons accueilli les familles par une envolée de bulles de savon. Nous avons aussi distribué des visières de l’opération “Partir en livre“ et des autocollants » explique Éliane. Et d’ajouter : « Pour rendre la lecture compréhensible, il est important d’associer des éléments visuels et auditifs. Cela permet aussi de rythmer la lecture. » Le choix des ouvrages est également réfléchi car « il s’agit de rendre le texte compréhensible par les enfants, mais aussi de leur faire découvrir du vocabulaire du quotidien ». Un vrai temps de partage qu’Éliane achève souvent par la distribution de quelques bonbons ou cadeaux…

Prochain objectif : faire participer des enfants du village ou des alentours et leurs familles afin de favoriser la mixité. Éliane constate effectivement que « si les enfants se côtoient à l’école, où je les accueille, il n’en est pas de même pour les familles ». Des réflexions doivent donc être menées avec les bénévoles de la bibliothèque et la Communauté de communes sur ce sujet. Et notamment répondre à la problématique des transports qui peut constituer un frein à la participation des familles.

Découvrez l’interview d’Éliane sur le site de la Ligue de l’enseignement 63

(1) Programme qui mobilise des milliers de bénévoles en France pour développer le plaisir de la lecture auprès des plus jeunes.