Emplois associatifs, la mauvaise politique du gouvernement

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Un an après une première baisse drastique des emplois aidés décidée par le gouvernement, le Premier ministre a annoncé de nouvelles coupes budgétaires dans une interview au Journal du dimanche le 26 août 2018. De 460 000 en 2016, le nombre d’emplois aidés a été ramené à 200 000 en 2018. Ils pourraient être encore réduits de moitié en 2019.

Le Gouvernement justifie cette décision par la volonté de « transformer l’action publique en diminuant le financement des politiques qui ne sont pas efficaces, par exemple sur le logement ou les contrats aidés, dont la plupart ne permettent pas d’obtenir ensuite un emploi viable ». Il appuie son analyse sur une étude de la Dares (1) qui estime que seules 26% des personnes en CUI-CAE auraient trouvé un emploi stable à l’issue de leur contrat.

Le bilan que nous faisons est pourtant plus favorable. Les emplois d’avenir dans le secteur non marchand ont fait la preuve de leur efficacité. L’étude souligne que si le taux d’emplois stables reste faible, c’est parce que ces contrats s’adressent à des personnes très éloignées de l’emploi. En même temps, 74% des bénéficiaires estiment que cette expérience leur a permis de se sentir utile et de reprendre confiance en eux.

Alliés à une formation et  à un accompagnement renforcé, les emplois aidés sont un levier pertinent d’insertion. La synthèse conclut  en pointant que « le nombre de contrats aidés en période de ralentissement économique a des effets favorables sur l’emploi et le chômage ».

Les emplois aidés constituent également un  soutien important à la vie associative. Le Parcours Emploi Compétence, plus compliqué et moins bien financé, est aujourd’hui une réponse insuffisante en faveur de l’emploi associatif.

La déclaration d’Édouard Philippe laisse présager la suppression pure et simple des contrats aidés dans les prochaines années. Cette annonce affaiblit encore un peu plus un monde associatif déjà très déstabilisé. L’arrêt d’une politique publique de soutien à l’emploi associatif est un frein au développement des actions éducatives et d’utilité citoyenne, que porte le réseau de la Ligue de l’enseignement. Il entraine des coupes drastiques pour les projets portés par les associations locales.  Les premiers à en pâtir sont toujours les populations les plus fragiles.  C’est pour cette raison, que les communes craignent de se voir à nouveau être dans l’obligation de suppléer au désengagement de l’Etat, alors qu’elles sont déjà dans des situations financières rendues très précaires.

L’annonce de la suppression de 1.600 postes de cadres sportifs fédéraux inquiète également notre mouvement. Outre la perspective de l’accueil à Paris des JO en 2024, nos fédérations sportives s’investissent au quotidien ;  autour du sport santé, du sport pour toutes et tous, dont l’accompagnement des activités physiques des personnes âgées pour l’UFOLEP ; la socialisation et l’engagement associatif par l’activité sportive à l’école primaire, pour l’USEP. Ces engagements nécessitent de développer des compétences fines et des formations que seuls des cadres expérimentés sont à même de produire et sont capables d’accompagner auprès des associations locales qui souffrent déjà terriblement de baisses de dotations importantes.

A l’heure où le gouvernement dévoile son plan de lutte contre la pauvreté, la Ligue de l’enseignement tient à réaffirmer le rôle central des associations dans la lutte contre les inégalités. Elle dénonce cette nouvelle diminution annoncée du nombre des emplois aidés et du financement des cadres dans les fédérations sportives, car dans les communes et quartiers, les habitants retrouvent confiance et engagement lorsque le tissu associatif se développe autour de projets partagés et consolidés par un modèle économique pérenne. La Ligue de l’enseignement affirme que c’est à ce prix que l’alternative au populisme s’ancre durablement et que le repli sur soi recule.

1) Synthèse de la DARES « Les contrats aidés : quels objectifs, quel bilan ? », mars 2017

 

Contact presse : Marie Sophie Thiroux – 01 43 58 97 39