« Il y a tout à gagner à s’engager ! »

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Intéressée par le milieu associatif depuis le lycée, Laëtitia a vraiment franchi le cap après sa licence, en réalisant une mission de service civique d’un an dans une association de solidarité internationale. Une expérience qui lui aura permis de confirmer son intuition et son envie de travailler dans ce domaine.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
J’ai 26 ans et travaille actuellement (depuis mars) en tant que chargée de projets et d’animation à La Case, association d’éducation à la citoyenneté, à la solidarité internationale et au développement durable située à Villiers-le-Bel (95).

Comment avez-vous découvert le domaine de la solidarité internationale ?
En licence, nous avions beaucoup de cours de géopolitique et un cours de coopération internationale qui m’a beaucoup plu. En troisième année, je suis partie en Irlande où j’ai notamment suivi des cours sur les politiques publiques et de développement international. J’ai donc pu étudier les enjeux liés au développement, mais je ne savais pas comment y répondre. Parmi les solutions, il y avait le monde associatif, que je ne connaissais pas du tout. J’ai alors décidé de faire un service civique pour le découvrir. Et aussi pour m’aider dans le choix de mon Master.

Quelle était votre mission ?
J’ai réalisé une mission de service civique* pendant un an, d’octobre 2015 à juin 2016, à L’Appel, une association de solidarité internationale qui se situe à Paris. J’y ai mené, entre autres, des séances d’éducation au développement auprès de classes de mon ancien lycée, en Essonne. Je leur expliquais le dispositif du service civique, faisais un focus sur l’accès à l’éducation dans le monde, et leur présentais un projet d’éducation porté par l’association. En fonction des pays (Viêtnam, Haïti, Salvador…), il pouvait s’agir d’un parrainage individuel ou collectif (par exemple d’une école), ou encore d’un projet de rénovation de classes dans des établissements scolaires.

Qu’avez-vous retenu de cette première expérience associative ?
L’Appel est une association essentiellement portée par des bénévoles. C’était très enrichissant de découvrir ce niveau d’engagement, de voir ces personnes venir au bureau quasiment tous les jours !
Ce service civique m’a vraiment permis de m’ouvrir à la solidarité internationale. Il a été déterminant pour choisir mon Master en politiques publiques et action humanitaire que j’ai obtenu en 2018.

Plus globalement, que représente pour vous la solidarité internationale ?
Travailler dans ce domaine est une opportunité pour partager, avec d’autres, les enjeux qui y sont liés, faire bouger les choses et montrer aux gens qu’ils ont le pouvoir d’agir.
La dimension plaidoyer m’intéresse particulièrement. Elle permet de mettre en lumière des problématiques et d’offrir des clés de compréhension, tout en influençant l’action publique. J’ai réalisé mon premier stage de Master, en 2017, à l’ONG One. À l’occasion des Présidentielles, nous avions fait des propositions aux candidats sur l’aide au développement. J’ai choisi de réaliser mes deux autres stages d’étude de Master dans le domaine de la solidarité internationale, à la Représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne à Bruxelles, où j’ai suivi les négociations européennes sur les politiques de développement et la coopération avec l’Afrique, puis à l’association 4D où j’animais un programme de mobilisation citoyenne autour des Objectifs de développement durable.

Quelles compétences avez-vous développées ?
Avant, jamais je n’aurais été capable de m’exprimer devant des élèves. J’étais peu à l’aise avec l’oral. Le service civique m’a « obligé » à travailler cela et à vaincre ma timidité. Maintenant, je peux m’exprimer en public, ça m’a donné de l’assurance.

Poursuivez-vous votre engagement aujourd’hui ?
En 2020, avec une cinquantaine d’autres jeunes, j’étais Jeune Ambassadrice de l’ONG One. Nous devions notamment participer à des actions de mobilisation citoyenne dans la rue ou sur les réseaux sociaux, ou encore aller à la rencontre de responsables politiques. Mais à cause de la Covid-19, nous avons dû agir principalement en ligne.
Je siège également au Conseil régional des jeunes d’Île-de-France. Je participe régulièrement à des réunions de commissions, ainsi qu’à des plénières 2 à 3 fois par an (reportées cette année) pour faire entendre la parole des jeunes franciliens.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes pour leur donner envie de s’engager ?
Je leur dirais qu’il y a tout à gagner à s’engager ! Ce sont des expériences forcément riches d’enseignements : on acquiert des connaissances, des compétences et on se forge un esprit critique pour pouvoir prendre des décisions de façon éclairée.

* Avec la Guilde européenne du Raid.

 

Ce portrait est réalisé dans le cadre du programme « Jeunes solidaires sans frontières » porté par la Ligue de l’enseignement et ses partenaires (Solidarité Laïque, France Volontaires, Engagé.e.s & Déterminé.e.s, le Réseau national des Juniors Associations et Animafac), et soutenu par l’Agence française de développement. Plus d’informations dans le kit pédagogique du programme