La Cour ensoleillée : un espace dédié aux relations parents-enfants

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À Metz, le centre social Georges Lacour propose un Lieu d’accueil et de soutien à la parentalité : la Cour ensoleillée. Son objectif : faciliter les relations parents-enfants, notamment à travers le jeu, et favoriser le lien social entre adultes.

La Cour ensoleillée est un lieu d’accueil parents-enfants (LAPE) qui ouvre plusieurs jours par semaine au sein du centre social George Lacour (association affiliée à la Ligue de l’enseignement de Moselle). Situés dans le quartier Nord de Metz, assez isolé du reste de la ville, le centre et le LAPE se veulent un trait d’union entre les familles et les professionnels de l’enfance.

La Cour ensoleillée permet ainsi aux jeunes enfants de 0 à 6 ans de jouer ensemble ou avec leurs parents. Les adultes y trouvent un espace de parole et d’écoute pour échanger entre eux ou avec des professionnels.

Lucie, responsable de la Cour ensoleillée explique : « Nous soutenons la parentalité dès la naissance. L’enfant fait ses premiers jeux auprès de son parent à qui l’on peut montrer le jeu le plus approprié selon l’âge, par exemple. »

Aide aux devoirs d’école
Autre mission : favoriser les rencontres. Certaines mères sont très isolées. Leur propre mère est trop loin pour les aider, les conseiller. Et les différences culturelles deviennent un obstacle dans l’éducation de leur enfant. Elles peuvent aussi être submergées par les difficultés quotidiennes. Priscilla, aide-soignante reconnaît que la Cour ensoleillée a aidé ses 4 enfants dans l’apprentissage de la lecture. Mais pas seulement. « J’étais seule. J’étais dans un trou noir. J’ai pu partager mes difficultés avec d’autres mamans et avec le personnel de la Cour ensoleillée. En parler de manière non formelle m’a beaucoup aidée. J’ai appris à mieux gérer mon stress. »

Un constat partagé par Lucie, la maman de Céline, 4 ans : « C’est ma petite parenthèse. Toute la journée, je ne fais que du ménage et du repassage. Cela me permet de changer d’air. »

Pour elle, la parenthèse a profité à toute la famille : « Ma fille était toujours collée à moi. Elle était seule à la maison sans personne avec qui s’amuser. Aujourd’hui elle est moins solitaire, plus ouverte. Elle joue avec d’autres enfants et a su créer des liens affectifs. »

Depuis sa création en 1977, le centre social Georges Lacour a toujours travaillé avec l’école. Les enseignants repèrent les élèves et les familles en difficulté et les adressent au centre. « Certains parents ont arrêté l’école tôt et ne savent pas comment accompagner leurs enfants pour les devoirs » explique Audrey, directrice adjointe en charge du périscolaire. « On leur apprend à ouvrir le cahier de texte ou à se tenir à côté de l’enfant pendant ses devoirs » ajoute-t-elle.

Si certains parents profitent du centre pour prendre des cours de Français, Stéphanie, écrivaine publique, en aide d’autres à rédiger des courriers administratifs. « J’ai eu une maman et sa fille en pleurs suite à une altercation avec le CPE du lycée. Elle ne parlait pas bien Français et n’a pu su se défendre. J’ai donc écrit au proviseur en son nom et nous avons reçu une lettre d’excuse. »

Une équipe ad hoc
Pour Fanny, la directrice, la proximité entre les salariés du centre et les bénéficiaires est essentielle : « Quand je regarde l’équipe, je me rends compte qu’aucune personne n’a été recrutée de manière classique » s’amuse-t-elle. « Par exemple, Sabilé, notre cuisinière, fréquentait le centre avant de devenir bénévole. Finalement je l’ai recrutée pour sa connaissance des familles du quartier, l’un des plus difficiles de la ville, dont la population se compose essentiellement de mères célibataires, de sans-emplois et d’immigrés. »