« La Ligue est capable de donner une chance incroyable aux jeunes »

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Maxime Bouhey découvre la Ligue de l’enseignement en 2016, à travers une mission de service civique qu’il réalise à l’École de la seconde chance de Dijon. Il participe, par la suite, à plusieurs événements nationaux de la Ligue jusqu’à occuper, aujourd’hui, les postes d’administrateur et de trésorier adjoint de la Ligue de l’enseignement de Côte d’Or. Rencontre avec un jeune pleinement engagé!


Ligue de l’enseignement :
Peux-tu nous présenter rapidement ton parcours ?
Maxime :
Après avoir obtenu mon bac littéraire, option histoire des arts spécialisation musique, en 2015, je me suis inscrit à la fac de droit de Nancy mais j’ai vite arrêté car trop théorique et pas assez pratique à mon goût. Ne sachant pas vraiment quoi faire une fois rentré à Dijon, à un moment où j’étais un peu perdu, j’ai décidé de réaliser une mission de service civique, me disant que cela pourrait peut-être m’aider à trouver ma voie.

En quoi a consisté cette mission de service civique et où l’as-tu réalisée ?
Je l’ai réalisée de juin 2016 à juin 2017 à l’École de la seconde chance de Dijon, gérée par la Ligue de l’enseignement de Côte d’Or. Ma mission consistait notamment à accompagner des formations. Élise, ma tutrice, était formatrice « code de la route » ; je m’occupais de la partie pratique.

Pour être honnête, les débuts de la mission ont été un peu difficiles. Mais Élise s’est montrée bienveillante, elle m’a même aidé au-delà du cadre de ma mission, pour trouver un logement par exemple.

Une fois bien installé dans ma mission, j’ai pu réaliser des ateliers pédagogiques autour de l’histoire de l’art où les élèves ont monté des petits exposés à partir d’ouvrages que je leur mettais à disposition. J’ai aussi organisé une sortie et la visite des coulisses de l’Orchestre Dijon Bourgogne, ainsi qu’une sortie à l’opéra avec une dizaine de jeunes.

En parallèle, je découvrais la Ligue de l’enseignement grâce à Élise, ancienne administratrice de la fédération de Côte d’Or, et qui a gardé un fort militantisme « Ligue » que l’on ressent au sein de l’école. (1)

Avec le recul, que t’a apporté cette mission de service civique ?
Ce service civique m’a vraiment aidé à trouver ma voie. Au sortir de ma mission, j’ai souhaité devenir conseiller en insertion professionnelle. J’ai donc suivi, pendant neuf mois, une formation de conseiller professionnel en insertion à l’AFPA. Une fois mon diplômé décroché, j’ai obtenu un emploi très rapidement. Un CCD dans le cadre d’un remplacement, puis un autre CDD d’un an, dans une autre structure, à Strasbourg cette fois, que je n’ai pas pérennisé car je souhaitais me consacrer à un projet personnel et à la Ligue de l’enseignement que j’avais découvert lors de ma mission de service civique.

Comment s’est passée ta « rencontre » avec la Ligue de l’enseignement 21 ?
Élise m’a proposé de me présenter au conseil d’administration que j’ai intégré lors de l’assemblée générale en septembre 2018. J’ai aussi rejoint, quelques semaines plus tard, le Bureau où j’occupe le poste de trésorier adjoint. À partir du moment où j’ai mis un pied à la Ligue en tant qu’administrateur j’étais convaincu de l’utilité et de la nécessité de notre mouvement.

Au cours de ma mission de service civique, j’ai aussi eu l’occasion de participer à plusieurs grands rendez-vous organisés par la Ligue de l’enseignement nationale : en 2018 d’abord, durant le Salon de l’éducation, où avec plusieurs jeunes nous avions porté une parole sur la transition écologique auprès de personnalités politiques comme Jean-Michel Blanquer et Emmanuel Wargon. J’ai aussi fait partie du groupe de jeunes engagés, invités lors du congrès de Marseille, en 2019, à témoigner sur notre vision de la place des jeunes au sein de la Ligue (« Ligueurs jeunes ; jeunes Ligueurs »).

« Dès que j’ai mis un pied à la Ligue en tant qu’administrateur, j’ai été convaincu de la nécessité de notre mouvement »

Avec ton regard de jeune élu et de jeune « tout court », que penses-tu de la Ligue de l’enseignement globalement ?
Si je devais choisir un mot pour qualifier la Ligue de l’enseignement ce serait « Essentielle ». Pour autant, la Ligue est un peu en retard sur son temps. Et elle est peut-être trop dans une posture de réponse à l’appel d’offres et perd son côté militant. À mon avis, ce n’est pas tant d’un renouvellement de ses conseils d’administration dont la Ligue a besoin mais de recouvrer sa capacité militante. Les associations affiliées comptent des personnes, des bénévoles qui militent précisément pour leur association mais pas/plus pour le mouvement de la Ligue. Il faudrait retrouver cette capacité à « re-fédérer » nos associations affiliées.

Mais la Ligue de l’enseignement a aussi de grandes forces qu’elle doit continuer à développer. Je pense notamment à sa fonction d’incubatrice de citoyens. Pour moi la Ligue est capable de donner une chance incroyable aux jeunes. J’en suis un bon exemple. Je suis arrivé à la Ligue via le service civique, à une période difficile de ma vie où je manquais de confiance en moi, et un an après des portes se sont ouvertes grâce à elle qui m’a beaucoup donné et pour laquelle je souhaite, à présent, m’investir en retour.

Quels projets souhaiterais-tu porter au sein de ta fédération ?
Nous avons pour projet notamment de créer une Maison de la transition écologique et énergétique de Côte d’Or sous forme associative. L’idée serait de l’affilier à la Ligue de l’enseignement 21 afin de bénéficier de son champ d’expertise en matière de formation et d’ingénierie de formation. La question de la transition écologique devrait être un sujet prioritaire porté par la Ligue de l’enseignement. On peut et l’on doit faire un travail d’éducation populaire sur ce sujet.


(1) L’école est le service comptant le plus de salariés au sein de la fédération. Élise est également chargée de mission « entreprise » au sein de la fédération.