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L’éducation populaire, une exigence du 21ème siècle

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Dans un avis adopté le 28 mai dernier, Christian Chevalier, professeur des écoles et ancien secrétaire général du syndicat des enseignants (Unsa) et Jean-Karl Deschamps, co-secrétaire général de la Ligue de l’enseignement, tous deux membres de la section éducation-culture-communication du Conseil économique, social et environnemental (Cese), appellent l’État et les collectivités locales à réinvestir le champ de l’éducation populaire.

L’éducation populaire… Qu’entend-on par éducation populaire ? En quoi consiste-t-elle et en quoi est-elle indispensable aujourd’hui ?  L’avis « L’éducation populaire, une exigence du 21ème siècle », remis le 28 mai dernier au CESE par Christian Chevalier et Jean-Karl Deschamps, vise à mettre en lumière ce secteur trop mal connu et qui pourtant apporte énormément à la société. L’avis formule également vingt préconisations afin de restaurer et valoriser les démarches de l’éducation populaire et accompagner ses acteurs dans une dynamique de renouveau.

L’éducation populaire, si elle est difficile à définir tant elle est diverse (courants de pensée, structures, champs d’activités…) reste un pilier essentiel au fonctionnement de notre société. Ses structures, qui maillent les territoires, sont indispensables au « vivre et au faire ensemble ». Leurs actions, leur expertise complètent et accompagnent les politiques publiques. Cependant, envisagées systématiquement dans un rapport de sous-traitance vis-à-vis de l’État et des collectivités, ces actions ne sont ni valorisées, ni accompagnées dans leur développement. Pourtant, lorsque les valeurs de la République sont ébranlées, ce sont bien les mouvements d’éducation populaire que l’État sollicite pour retisser le lien social, comme suite aux attentats de 2015.

L’éducation populaire doit ainsi faire face au désengagement des pouvoirs publics. La part des subventions publiques ne représentait, en 2017, plus que 20 % des ressources associatives, contre 34 % en 2005. La généralisation des appels d’offres et la mise en concurrence des structures, sans compter la diminution des emplois aidés fragilisent économiquement les structures et brident par la même esprit d’initiative et inventivité. Pour autant, l’éducation populaire doit aussi opérer sa propre mutation si elle veut perdurer. Renouveler son image, ne pas tomber dans l’ornière de l’institutionnalisation, renouveler son mode de gouvernance… sont autant de défis à relever. Des objectifs difficiles à atteindre sans politiques publiques ambitieuses pour soutenir et accompagner cette mutation.

Les vingt préconisations formulées s’articulent autour de cinq grands axes :

1/ Investir dans les politiques publiques d’éducation populaire pour contribuer à réconcilier la société. Les rapporteurs proposent notamment un renforcement significatif des moyens alloués à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep), la création d’un fonds de soutien à l’innovation et à l’expérimentation, et que soit créée, de façon pérenne, une délégation interministérielle dédiée à l’éducation populaire.

2/ Développer le lien social pour conforter la citoyenneté en mettant en place un plan de relance des Projets éducatifs de territoire (PEdT) ; en relançant les colonies de vacances et les classes de découvertes pour mieux servir l’action des PEdT ; et en pérennisant le dispositif des Fabriques d’initiatives citoyennes.

3/ Sécuriser le modèle économique en favorisant le recours à la Convention pluriannuelle d’objectifs (CPO) où c’est la structure qui imagine et conçoit le projet qu’elle porte. Au-delà des financements, les rapporteurs préconisent également le maintien du cadre fiscal spécifique aux organisations d’éducation populaire.

4/ Former et reconnaître les compétences. Identifier et coordonner une offre de formation initiale et continue aux métiers relevant de l’éducation populaire et former les bénévoles grâce à un Fonds national de développement de la vie associative (FNDVA) significatif font partis des préconisations.

5/ Engagement et gouvernance. Les rapporteurs pointent la question de la gouvernance des associations qui doit être réinterrogée face aux difficultés de renouvellement et d’accès aux responsabilités, notamment pour les jeunes, et au manque de parité.  Ils préconisent notamment de limiter, dans le temps, le cumul des mandats des dirigeants des organisations d’éducation populaire. Ils invitent également à mieux faire connaître la Loi « Égalité et citoyenneté », en particulier ses articles 10 et 43 qui permettent aux salariés de bénéficier d’un congé pour siéger dans l’organe d’administration d’une association.

Retrouvez l’intégralité de l’avis sur le site du CESE