La Ligue fait le procès de l’intelligence artificielle

Proces

Les journées d’étude des responsables fédéraux des 24  et 25 janvier 2018 étaient en partie consacrées à l’intelligence artificielle. L’idée ?  Se projeter collectivement dans l’avenir et mieux appréhender la démarche de prospective engagée il y a quelques mois autour du sujet « En 2040, former le citoyen ? ».

A cette occasion, nous avons choisi de tester l’outil participatif Klaxoon. La première journée a donc débuté par un Quiz  « l’IA, c’est quoi ? », histoire de mieux cerner la connaissance des participants sur le sujet.

Le sujet de l’intelligence artificielle a été inauguré par Jean-Gabriel Ganascia, informaticien, chercheur en intelligence, professeur à l’université Pierre et Marie Curie et président du comité d’éthique du CNRS. Lors de sa conférence, il s’est attaché à expliquer cette discipline complexe en démontant certains fantasmes, notamment celui de la machine surpassant l’homme et prévoyant la fin prochaine de l’humanité.

Les nombreuses réactions postées pendant l’intervention de JG.Ganascia, toujours via Klaxoon, montrent une inquiétude (mais aussi pas mal d’humour) non pas sur la technologie en elle-même mais sur les conséquences sociétales de cette dernière : creusement des inégalités, destruction d’emploi, montée du populisme, gestion des données…(voir le rapport plus bas)

Ça tombe bien, on traitait en partie de ces questions le lendemain…

Deuxième journée donc, autre format… Et pour tenter de mieux comprendre l’impact de l’IA dans des domaines qui nous tiennent à cœur, la Ligue avait décidé d’en faire le procès, au nom du principe de précaution. Pour cela, trois spécialistes de ces questions ont accepté de jouer le jeu du tribunal (et on les en remercie !) : Daniel Ratier, haut fonctionnaire, chargé à Bercy de la « cyber-résilience », en président du tribunal, Jean-Baptiste Roger, créateur de la Fonderie, en avocat général et Michel Sasson, consultant en management de l’innovation.

Première séquence : L’IA, un outil de démocratisation de l’école ?
Deux témoins appelés à la barre : Thierry de Vulpillières, ancien directeur de Microsoft éducation, fondateur d’EvidenceB et Carole Stromboni, conseil départemental de Seine-Saint-Denis et fondatrice de Public Innovation Lab

A l’issue de cette première séquence, 74% des participants ont jugé que l’IA constituait une opportunité pour l’école et la formation.

Deuxième séquence : L’IA et les données, pour le meilleur et pour le pire ?
Témoin : Thomas Solignac, co fondateur de Golem.ai

En revanche, 81% des participants ont jugé que l’IA constituait un risque pour les libertés publiques.

Troisième séquence : L’IA, l’emploi, le travail et le temps libre : peut-on tirer profit des robots ?
Deux témoins : Salima Benhamou, économiste, commissariat Général à la Stratégie et à la Prospective (France Stratégie) et Michel Héry, responsable de la mission « prospective » à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS)

Plus partagés sur cette dernière séquence, 59% des participants ont jugé que l’IA était une opportunité pour le travail et l’emploi.

Et enfin verdict final : l’IA est déclarée « Non coupable » !

Pour lire les contributions des participants pendant le procès (on a même laissé les humoristiques et les énervées) vous pouvez télécharger le rapport Klaxoon.

Icon of Rapport Klaxoon : Procès de l'intelligence artificielle

Rapport Klaxoon : Procès de l'intelligence artificielle

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Icon of Quiz "C'est quoi l'intelligence artificielle ?" : les réponses des participants

Quiz "C'est quoi l'intelligence artificielle ?" : les réponses des participants

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