« Partir pour mieux revenir »

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Il y a quelques années, alors âgée de 23 ans, Julie part en mission de service civique en Équateur. Une expérience qu’elle vit comme une révélation où les questions d’engagement et de solidarité font sens, jusqu’à faire partie intégrante de son projet professionnel pour faire un métier « humain ».

En 2011, son bac en poche, Julie Revol traverse la Manche pour passer quelques mois en Angleterre, en tant que jeune fille au pair. Une première expérience à l’étranger qui lui donnera envie de repartir… En 2016, alors qu’elle vient de valider sa licence en communication, elle décide de faire un break dans ses études. Une période un peu trouble où « je cherchais ma voie » explique Julie. La mission locale de Montpellier, où elle réside, lui propose alors une mission de service civique d’ « ambassadrice de l’engagement citoyen à l’international » en Équateur avec France Volontaires. « Une opportunité à laquelle je ne pouvais pas dire non, d’autant que je rêvais d’aller en Amérique du Sud. »

Sa mission débute en avril par un mois de préparation où elle rencontre d’autres volontaires qui, comme elle, s’apprêtent à partir à l’étranger. En guise de première expérience, elle réalise un stage d’observation d’une semaine au sein du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) de Montpellier. Puis c’est le grand départ pour Quito, capitale de l’Équateur. « J’ai rejoint, pour quatre mois, l’espace “volontariat“ de France Volontaires. Ma mission consistait à animer le groupe de volontaires français présents, mais aussi à développer un réseau avec les associations locales en allant à leur rencontre. » La mission de Julie prend aussi une tournure particulière, car peu de temps avant son arrivée, la côte ouest du pays est touchée par un violent séisme. « J’ai contribué aux actions mises en place par les associations locales pour venir en soutien aux sinistrés. J’ai pu proposer des activités pour les enfants ou participer à la construction de maisonnettes préfabriquées pour les personnes qui avaient perdu leur logement à cause du séisme. J’ai été frappée de voir comment les gens se sont tous mobilisés, ont fait preuve de solidarité et comment les associations se sont adaptées à l’urgence et ont créé des synergies. Ça m’a donné du baume au cœur de voir la solidarité en action. »
Riche en émotions, cette expérience sud-américaine aura permis à Julie de rencontrer une foule de personnes passionnées et très engagées. « Ce n’était pas l’expérience d’une vie, mais presque. Qu’est-ce que c’est valorisant de se lever le matin en se disant que ce que l’on fait a du sens. En définitive, partir en Amérique du Sud m’a permis de mieux revenir. »

Une fois rentrée en France, Julie consacre les deux derniers mois de sa mission à donner envie aux autres de s’engager en endossant sa casquette d’ambassadrice. « Avec d’autres volontaires, partis comme moi en mission au Cambodge, à Madagascar et au Tchad, nous sommes allés à la rencontre de jeunes pour leur partager notre vécu, susciter des envies et leur expliquer qu’eux aussi pouvaient vivre une expérience de mobilité. Je voulais aussi leur faire comprendre à quel point c’était bénéfique pour soi-même de partir, de faire quelque chose pour et avec les autres, et de pouvoir se dire “je suis capable de faire ça“, d’apprendre une langue, d’être autonome, d’aider les autres…»

Cette mission marque un tournant dans le parcours de la jeune Montpelliéraine : « J’avais enfin trouvé ma voie. » Julie décide alors de reprendre ses études et de passer un master en communication publique, associative et culturelle. En 2017, elle part en Erasmus à Bologne, en Italie, dans le cadre d’un échange universitaire où elle suit notamment des cours sur l’humanitaire qui retiennent particulièrement son attention. À son retour, elle donne aussi un peu de son temps en étant la marraine d’un jeune Afghan qui loge dans un centre non loin de Montpellier. Elle l’aide dans ses démarches administratives, dans ses recherches de logement… « Et aussi pour simplement discuter autour d’un café » précise-t-elle.

Julie a décroché son Master en juin dernier et termine actuellement son stage de fin d’étude au centre régional d’information jeunesse (CRIJ) de Montpellier où elle intervient, en particulier, sur la mobilité européenne et internationale des jeunes. Bientôt sur le marché du travail, elle souhaite décrocher un emploi dans ce domaine…

 

Ce portrait est réalisé dans le cadre du programme « Jeunes solidaires sans frontières » porté par la Ligue de l’enseignement et ses partenaires (Solidarité Laïque, France Volontaires, Engagé.e.s & Déterminé.e.s, le Réseau national des Juniors Associations et Animafac), et soutenu par l’Agence française de développement. Plus d’informations dans le kit pédagogique du programme