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État des lieux des systèmes de validation des compétences informelles et non formelles en Europe

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Job Bridge est un projet européen portant sur les voies d’accès à l’emploi pour les bénévoles et volontaires. Il vise à faciliter la validation des compétences acquises à travers une expérience d’engagement auprès d’employeurs potentiels. Cofinancé par Erasmus+, il est coordonné par l’organisation allemande BUPNET et implique six partenaires issus de six pays, dont la Ligue de l’enseignement pour la France.

Une des premières étapes de sa mise en œuvre a consisté en une analyse de l’état actuel des systèmes de validation de l’apprentissage non formel et informel dans le secteur de l’engagement en Europe et sa relation avec le monde de l’emploi. Il en est né un rapport (en anglais), qui est le résultat d’une recherche approfondie combinant :

  • des recherches documentaires (documents politiques de l’UE, rapports d’ONG, résultats d’autres projets européens…) ;
  • deux enquêtes en ligne (une pour les volontaires et une autre pour les organisations accueillant des volontaires) ayant rassemblé plus de 1.000 réponses ;
  • des entretiens qualitatifs et (individuels et groupes de discussion) impliquant plus de 100 personnes au total, dont des employeurs des secteurs public et privé, menés dans les six pays mobilisés.

La formalisation de l’engagement en tant qu’expérience d’apprentissage

Traditionnellement, le volontariat et le bénévolat sont classés comme des expériences d’éducation informelle car il n’y a pas d’intention consciente d’apprendre à la base.

Cependant, la dimension « apprentissage » dans l’engagement devient de plus en plus structurée et organisée. Le secteur se dirige lentement vers l’éducation « non formelle ». Les organisations accompagnant des bénévoles/volontaires établissent des plans d’apprentissage, fixent des objectifs et parfois même évaluent et certifient cet apprentissage. Il est de plus en plus reconnu que l’engagement permet de développer des compétences générales et transversales.

Le processus de validation est composé de différentes étapes :

  • l’identification ;
  • la documentation ;
  • l’évaluation ;
  • la certification des apprentissages et des compétences.

Depuis la recommandation du Conseil de l’Union européenne du 20 décembre 2012, la validation de l’apprentissage non-formel et informel est de plus en plus considérée comme un outil important de reconnaissance et de valorisation, notamment sur le marché du travail.

Résultats principaux  de la recherche

  • La plupart des volontaires ou bénévoles ont des attentes en terme d’apprentissage. 1 sur 2 espèrent développer des compétences mais moins de 1 sur 10 s’engagent pour ces raisons. Paradoxalement, la moitié des répondants souhaitent utiliser les éventuelles attestations de reconnaissance et de validation des compétences qu’ils recevraient lors d’une candidature à un emploi.
  • Alors que la plupart des répondants considèrent que la reconnaissance est importante dans le secteur de l’engagement, ils ne pensent pas forcément nécessaire de mettre en place des processus de validation.
  • La validation dans le secteur de l’engagement est perçue comme particulièrement pertinente pour les jeunes avec très peu d’expérience professionnelle.
  • Au-delà du fait de prouver les compétences acquises, la validation apporte aussi beaucoup de bénéfices aux engagés : elle rend les apprentissages pendant l’expérience visibles par le bénévole/volontaire et ceux qui l’entourent, elle participe à la confiance en soi, au niveau de motivation, d’implication et au sentiment de satisfaction.
  • Le processus de validation  apporte des avantages aux structures qui proposent du bénévolat/volontariat : la fidélisation des engagés, une organisation plus structurée et plus efficace permettant la qualité de l’expérience d’engagement et un accompagnement valorisable auprès des partenaires publics et privés.
  • Les défis et obstacles à la mise en œuvre de la validation sont nombreux : ils ont trait à l’intérêt des personnes engagées, des animateurs, aux ressources disponibles et à la pertinence des outils.
  • Il n’existe pas d’outils de validation, d’instruments ou de méthodes unanimement connus par les répondants. Le YouthPass est cependant le plus cité.
  • La plupart des employeurs considèrent positivement une expérience d’engagement bien qu’il existe différentes attentes parmi eux concernant les preuves de la reconnaissance de compétences.
  • Il y a un manque de connaissance des différents cadres européens des compétences qui peuvent être utilisés pour développer les compétences dans le secteur de l’engagement.

Recommandations du rapport

Le rapport contient également des recommandations à l’intention des structures d’accueil de bénévoles/volontaires, des spécialistes de la validation, des décideurs politiques ainsi que des employeurs.

Les partenaires du projet jugent nécessaire de faire le point sur les outils et méthodes de validation existants, de sensibiliser toutes les parties prenantes aux avantages de la validation et de former les facilitateurs, les praticiens et les employeurs sur la manière d’utiliser au mieux l’apprentissage non formel et informel.