Quand des affiches de films racontent l’histoire des ciné-clubs

couv-affiches-cine-clubs

« Les ciné-clubs à l’affiche » est un ouvrage collectif dirigé par Dominique Auzel, conservateur de la Cinémathèque de Toulouse, et Pascal Laborderie, historien de l’éducation populaire par le cinéma. Il rend hommage à l’époque des ciné-clubs et nous la raconte de manière originale : à travers les affiches des films. Des affiches imaginées et créées par des passionnés de cinéma qui ont, pendant de nombreuses années, fait vivre les ciné-clubs un peu partout en France. La Ligue de l’enseignement, acteur majeur à l’époque, soutient la sortie de cet ouvrage.

En France, les ciné-clubs ont vécu leur plus bel âge après la Seconde guerre mondiale et jusqu’aux années 70. À l’opposé du cinéma « traditionnel », qui consistait à produire et montrer des films dans le cadre d’une activité purement rentable, les ciné-clubs réunissaient des passionnés où chaque projection était prétexte au débat, à l’échange, à l’apprentissage. Bref on vivait le cinéma et on ne se contentait pas de simplement le consommer.

La Ligue de l’enseignement a été un acteur majeur dans l’histoire des ciné-clubs, via ses Ufoleis (Union française des œuvres laïques d’éducation par l’image et le son) implantées un peu partout en France.
Cet ouvrage, que la Ligue soutient, rend hommage à cette époque des ciné-clubs et nous la raconte de manière originale, à travers les affiches des films. Comme l’explique Emmanuel Ethis – président du Haut conseil de l’éducation artistique et culturelle et de l’Institut supérieur des techniques du spectacle –, dans sa préface : « Pour communiquer autour des films, les cinéphiles, par manque de ressources des circuits commerciaux et par manque de moyens, ne pouvant pas reproduire les affiches originales, ont créé leurs propres affiches de films et ont donné lieu à la création de véritables œuvres. (…)

Une façon pour ces cinéphiles de « partager leur passion du cinéma avec des affiches réalisées avec des moyens limités, une façon aussi de « transmettre leur amour pour le cinéma ou un film en particulier grâce à une simple affiche ». (…)
« C’est alors l’occasion pour le créateur de l’affiche de se mettre en position de médiateur culturel, presque dans la peau d’un formateur en éducation artistique et culturelle. (…) En réinterprétant parfois le film par une affiche différente de l’originale, mais juste selon son propre regarde sur l’œuvre, le créateur de l’affiche partage alors non pas le regard de la société de production et sa visée mercantile sur le film, mais celui du spectateur en présentant une image qui définit le film en question, selon lui et son point de vue de passionné. »

Au fil des 140 pages que composent cet ouvrage, de nombreuses affiches sont présentées, ainsi qu’une analyse sémiologique, une étude des pratiques cinéphiles par l’affiche amateur et diverses contributions. On relèvera en particulier la contribution de Michel Dédébat, qui a largement contribué à la dynamique des ciné-clubs en Haute-Garonne. Devenu délégué départemental des ciné-clubs Ufoleis après mai 68, il a mis en place un service Cinéma et audiovisuel au sein de la Ligue de l’enseignement 31. Il raconte : « Jusqu’à mon départ à la retraite en 1995, le cinéma a été au centre de mes activités : aide à la création de ciné-clubs, documentation, organisation de stages, de circuits cinémas (itinérants ou non), qui étaient les continuateurs des ciné-clubs. »

 

Publié par les éditions Arnaud Bizalion et la Cinémathèque de Toulouse.