Rythmes scolaires : que pensent les communes ?

Julien Cregut-Mollys Eyes 19

L’association de maires de France (AMF) a réalisé une enquête sur « les nouvelles organisations du temps scolaire ».  Parmi les principaux enseignements : le retour à la semaine de 4 jours répond à une attente des élus et à de fortes pressions locales, et devrait être majoritaire à la rentrée 2018. Mais qu’elles choisissent 4 jours ou 4 jours et demi, les communes jugent le PEdT pertinent.

L’enquête de l’AMF a été menée auprès de 21 700 communes disposant d’une école publique. Elle a comporté un double volet : l’un destiné aux communes dont les écoles sont revenues à la semaine de 4 jours à la rentrée 2017 (soit 43% des communes ayant répondu à l’enquête) ; l’autre aux communes dont les écoles continuent d’appliquer la semaine de 4,5 jours (57%).

Le retour à la semaine de 4 jours répond à une forte attente des élus
Ces derniers considèrent que la réforme de 2013 n’était pas adaptée aux petites communes au regard des difficultés d’organisation des NAP (nouvelles activités périscolaires) et qui notent, pour les trois-quarts d’entre eux, l’économie financière dégagée grâce au retour à quatre jours.

Ce retour possible provoque de fortes pressions locales
Une pression de la part notamment des parents d’élèves et des enseignants (qui mettent en avant la fatigue des enfants), pour revenir à ce rythme. Beaucoup ont exprimé un sentiment de gâchis au regard des investissements exprimés.

L’intérêt du PEdT comme outil de concertation
Une concertation plus étroite entre les acteurs éducatifs locaux est souligné par nombre d’élus quel que soit le type de semaine scolaire.

La semaine de 4 jours devrait être majoritaire à la rentrée 2018
L’enquête montre que 40% des communes et que 45% des intercommunalités ont d’ores et déjà envisagé un retour aux 4 jours à la rentrée 2018. 7% seulement envisagent dès maintenant le maintien de la réforme.

Mais la majorité des communes, 53%, ne savent pas précisément quelle sera leur position et attendent les résultats des concertations locales.

La semaine de 4 jours est souvent perçue comme plus adaptée aux classes maternelles, aux contraintes des transports scolaires et du milieu associatif, et plus en cohérence avec l’organisation des écoles privées.

La semaine de 4 jours et demi, offre, outre un rythme plus favorable aux apprentissages, la possibilité aux enfants d’avoir un meilleur accès aux activités culturelles et sportives.

Enfin, l’organisation des activités par les collectivités tend à se différencier :

  • La semaine de quatre jours présente une offre périscolaire davantage organisée en accueil non déclaré et payant, à l’inverse des NAP dont les modalités d’organisation restent stables en 2017/2018. En revanche, la mise en place d’un accueil extrascolaire le mercredi matin reste encore minoritaire (37 %), au regard des contraintes organisationnelles et financières ;
  • La poursuite des activités est toutefois conditionnée au maintien du financement de l’État. D’ailleurs, si le fonds de soutien devait être supprimé, 91 % des collectivités envisageraient le retour aux quatre jours. En outre, une petite majorité de communes ayant fait le choix de la semaine de quatre jours souhaiterait être éligible au fonds de soutien afin de développer l’offre d’activités le mercredi.

Télécharger l’enquête

Icon of Synthèse enquête AMF temps scolaire 2017

Synthèse enquête AMF temps scolaire 2017

(7.7 MiB)

Dans ce contexte, le Réseau français des villes éducatrices (RFVE), l’Association nationale des directeurs d’éducation des villes (Andev), la Fédération nationale des Francas et la Ligue de l’enseignement ont conçu un argumentaire pour aider à l’échange et à la décision dans les conseils d’écoles, les conseils municipaux, en associant tous les acteurs éducatifs concernés, dont les parents.