Un autre regard sur le handicap

Unknown1

Du 8 au 13 novembre, la métropole bordelaise accueillait le festival « Hors jeu – En jeu » organisé depuis plus de dix ans par la Ligue de l’enseignement de la Gironde. Débats, conférences, spectacles de danse, de théâtre, récitals se sont succédés avec la particularité d’être interprétés par des artistes, des élus de collectivités territoriales, des professionnels de santé et des personnes handicapées, fragilisées ou en situation d’exclusion.

Le festival est une invitation à se questionner sur la différence, sur l’« Autre », et plus largement sur l’accessibilité de la culture à tous. Où comment « mettre dans le jeu (je) ceux qui sont “hors jeu“, c’est-à-dire exclus de la société » explique Catherine Piet-Burguès, secrétaire générale de la Ligue de l’enseignement de la Gironde.

L’édition 2018 a rassemblé près de 1 000 spectateurs du 8 au 13 novembre sur différentes communes de la métropole : Bordeaux, Ambarès-et-Lagrave, Cenon, et Lormont. Des communes toutes signataires d’une charte sur la place du handicap dans la culture et l’art (1).

« La culture, une voie de rétablissement »
Le spectacle « Petites pauses poétiques » a ouvert le festival. Fruit d’un projet au long court intitulé « Persona ! », il a rassemblé sur scène soixante personnes, soignants et patients de cinq structures de soins psychiatriques et médico-sociales. « La culture est l’une des voies de rétablissement » (2) explique Dorothée Dutour, directrice de l’association Rénovation (3) qui a initié le projet Persona.
Pendant près d’un an, tous ont travaillé conjointement par groupes – théâtre, chant, danse, arts plastiques – dans le cadre d’ateliers organisés au sein même des structures et coordonnés par Luc Cognet, metteur en scène. « Petites pauses » est l’aboutissement de ce travail.

Pour la première fois, le festival a accueilli deux spectacles jeune public dont « Histoires de signes » de la compagnie Les Singuliers associés. Un comédien atteint de surdité et une comédienne entendante ont interprété des histoires tirées de la littérature jeunesse. Joindre les gestes à la parole. Les deux interprétations mêlaient la voix de la comédienne et les gestes du comédien qui s’exprimait en langue des signes française.
« La programmation de spectacles jeune public, nouveauté 2018, est un axe que nous souhaitons davantage développer pour les prochaines éditions. Tout comme les ateliers car ils permettent de poser des bases de réflexions sur le handicap, l’intégration… mais aussi de réunir des professionnels et des personnes intéressées par le sujet » explique Camille Bachelier, déléguée culturelle à la Ligue de l’enseignement de la Gironde, qui coordonne le festival aux côté de Guy Lenoir, directeur artistique, et d’une volontaire en service civique.

Relier les gens entre eux
« Celles et ceux réunis sur scène, l’espace d’une création, se retrouvent à égalité avec les autres citoyens, les autres acteurs. Et la richesse et le bonheur qu’ils nous donnent en échange posent vraiment la question de l’altérité, de la réciprocité. Nous sommes convaincus que l’art et la culture relient les gens entre eux, créent des lignes de force et rassemblent » résume Catherine Piet-Burguès.

(1)     Charte de l’engagement à l’accès aux œuvres et à l’expression culturelle pour tous.
(2)     Extrait de Sud Ouest du 7/11.
(3)     L’association Rénovation gère une quinzaine d’établissements pour adolescents difficiles et malades mentaux dans le Sud Ouest.

http://horsjeuenjeu.blogspot.fr/

Dans la presse :

« Soignants et soignés en scène et sans filet », Sud Ouest, 7/11/2017

« Le festival Hors jeu / En jeu vise l’exclusion zéro », CNews matin Bordeaux, 06/11/2017

Revue de presse « papier »