Un escape game pour lutter contre le harcèlement

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La Ligue de l’enseignement du Var lancera en octobre prochain un nouvel outil pédagogique pour lutter contre le harcèlement. Pour pouvoir aborder ce thème difficile avec les enfants, sans dramatiser, la Ligue a imaginé une enquête à mener au sein d’une classe, dans l’esprit d’un escape game.

Une salle de classe comme on en voit dans tous les établissements. À quelques exceptions près : des indices dissimulés ici et là, et surtout un message inquiétant sur le tableau : « Bientôt vous serez débarrassés de moi, et je serai libre. » C’est ainsi que débute l’escape game pédagogique imaginé par la Ligue de l’enseignement du Var.

Ambiance pesante, certes, mais les problèmes de harcèlement, qu’il s’agisse de brimades répétées ou de pressions plus graves, prennent de plus en plus d’ampleur à l’école, notamment avec les réseaux sociaux. Au point que la lutte contre le harcèlement est une priorité affichée du ministère de l’Éducation nationale. « Des enseignants avec qui nous travaillons habituellement ainsi que des volontaires en service civique intervenant comme ambassadeurs du vivre-ensemble dans les écoles nous ont fait part de ce besoin d’aborder le sujet du harcèlement avec les élèves » explique Jessica Pinot, animatrice culturelle à la Ligue du Var. « Les enseignants n’arrivent pas toujours à déceler les tensions et conflits au sein de la classe, ni les élèves pouvant être en souffrance. »

Pour répondre à cette demande, la Ligue du Var opte pour un format ludique et assez court qui s’adresse aux enfants âgés de 10 à 15 ans : cet escape game pédagogique dure environ deux heures et se déroule en deux temps. Un premier où les jeunes mènent l’enquête pour retrouver la trace de leur camarade. Et un deuxième temps consacré à une discussion avec les animateurs et les enseignants. « Pour la première phase d’enquête, les enfants sont divisés en 4 groupes qui doivent chacun doit récolter des indices afin de découvrir les coordonnées GPS qui permettront à la police de localiser leur camarade disparu. En guise d’indices : un ordinateur portable, un smartphone, un sac à dos et un journal intime » développe Jessica.

Faire prendre conscience et développer l’empathie
La phase suivante, consacrée à la discussion entre enfants et adultes, a pour objectifs de faire prendre conscience aux enfants de l’importance et des dangers du harcèlement, mais également de développer l’empathie. Car « certains, sans s’en rendre compte, sont des « harceleurs » ou des témoins passifs. Voir et ne rien faire, c’est aussi être complice. Il est donc question de leur ouvrir les yeux sur leurs agissements et plus globalement sur toutes les formes de discriminations. Une remarque, une brimade, une bousculade sans penser à mal peut être très mal vécue selon les enfants ». Certains n’ont pas forcément conscience du poids de leurs mots ou de leurs actes. Il faut donc les accompagner sans les culpabiliser. Et ainsi désamorcer les tensions en leur présentant les solutions qui s’offrent à eux : des adultes référents sur qui ils peuvent compter, des associations qui peuvent les renseigner…

« Parfois, l’escape game peut même mettre en lumière des tensions entre certains enfants ou des situations de mal-être que les enseignants ou animateurs n’avaient pas identifiés jusque-là… » Et ainsi agir pour désamorcer le conflit ou venir en aide.

Après avoir été testé grandeur nature dans des centres de loisirs cet été, et prochainement dans un collège, l’escape game devrait être opérationnel en octobre. Il sera proposé aux établissements scolaires (écoles pour les élèves de cycle 3, collèges,) ainsi qu’à toutes structures accueillant des jeunes (foyers, centres de loisirs) et souhaitant les sensibiliser à la problématique du harcèlement. Les animations seront assurées par des membres de l’équipe « éducation » de la Ligue de l’enseignement du Var. En particulier Jessica, accompagnée de Charlotte Cudia et Laurie Muraro, volontaires en service civique qui ont imaginé et monté cet escape game.
Plus largement, la Ligue du Var réfléchit à la possibilité d’intégrer ce jeu ludique à un parcours plus global consacré à la citoyenneté.

Plus d’informations :
Jessica Pinot