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Vivre ensemble quand on a 17 ans : immersion dans une formation d’animateurs

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Le 27 février, Arte diffusait « 17 ans, premier bilan », un documentaire retraçant la vie d’un groupe de jeunes pendant leur formation générale BAFA (Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur) les préparant à devenir animateur de colos et de centres de loisirs. Un documentaire signé Julie Talon.

Ce documentaire a été réalisé à Villecresnes, dans le Val-de-Marne, à l’automne 2016, dans le cadre d’une formation BAFA dispensée par la Ligue de l’enseignement d’Ile-de-France. On y découvre les compétences à acquérir pour devenir animateur : encadrement et animation de la vie quotidienne et des activités, création d’un cadre sécurisé, travail en équipe, accompagnement des projets des jeunes…

Mais le BAFA est avant tout un prétexte, un point de départ pour suivre un groupe de garçons et de filles, à peu près du même âge, faisant l’apprentissage du « vivre ensemble ». « Je voulais faire un film sur ce passage de l’adolescence vers l’âge adulte » explique Julie Talon, la réalisatrice.

Ils s’appellent Bianca, Fantine, Marie, Jimmy, Emmanuelle, Lazare… Certains viennent de banlieue, d’autres de Paris. Il y a les timides, et les autres plus volubiles. Ils ne sont pas issus des mêmes milieux sociaux, ils n’ont pas eu les mêmes chances à l’école. Certains ont décroché, comme Jimmy et Emma, d’autres poursuivent « brillamment » leurs études comme Marie et ses copines. Ils ne sont pas là pour les mêmes raisons. Jimmy aborde le BAFA comme un vrai projet professionnel, une chance de pouvoir changer de voie. D’autres voient dans le BAFA un « simple job » étudiant. Sur le papier tout les sépare. Malgré tout, ils vont devoir cohabiter et s’épauler pour valider cette épreuve théorique. Dès le premier jour, par équipes de deux, ils doivent identifier ce qui les rassemble. Et tout au long du stage, ils vont se découvrir, tenter de se connaître et surtout apprendre à faire équipe. « C’est très différent de ma vie à Paris… Ici on est dans un grand groupe, où l’on s’aide les uns les autres. On a envie de rester dans ce petit cocon ! », explique l’une des stagiaires. Quant à la réalisatrice, ce qui l’a frappé tout au long du tournage « c’est l’exigence de ce stage et les journées denses entre cours théoriques et ateliers. Un rythme soutenu pour les jeunes, en particulier ceux ayant vécu le décrochage scolaire. Mais une chose m’a particulièrement touchée : leur lucidité, leur pleine conscience, de leurs forces et “faiblesses“, de ce qu’ils ont ou pas par rapport aux autres. Des jeunes conscients et actifs ».

Ce documentaire met ainsi en exergue les attentes, les doutes et les interrogations des jeunes d’aujourd’hui, et plus largement leurs questionnements sur l’avenir, le travail, la vie privée, leur rapport à l’Autre, aux autres… D’après Julie Talon, « le BAFA est l’un des derniers lieux où l’on peut vivre une mixité avec un objectif commun ».
En toile de fond : la question brûlante des politiques scolaires et de l’égalité des chances.

Diffusion du documentaire sur Arte

« 17 ans, premier bilan », article à lire dans Télérama