« L’interculturalité permet de se remettre en question »

pauline

Après une mission de service civique menée dans le sud de la Tunisie, Pauline, 28 ans, poursuit sur la voie de l’engagement. Elle réalise actuellement un Volontariat de solidarité internationale (VSI) avec France Volontaires, toujours en Tunisie, à la capitale cette fois.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je fais actuellement un Volontariat de solidarité internationale (VSI) en tant que chargée de communication et de mobilisation de ressources à l’Espace Volontariats (EV) de France Volontaires à Tunis. Je gère notamment les réseaux sociaux, l’événementiel. Je suis en contact avec les volontaires et les associations locales, ainsi qu’avec les jeunes Tunisiens qui partent en mission en France. L’une des missions de l’EV est aussi de sillonner les villes pour sensibiliser et informer les structures sur les dispositifs de volontariats de leurs possibilités d’accueillir des volontaires.

Pourquoi vous êtes-vous engagée pour la citoyenneté et la solidarité internationale ?
J’ai 28 ans. Après mon BTS communication en alternance, j’ai suivi une licence information communication et obtenu un master 2 industries culturelles et créatives, option audiovisuel, en 2017. Une fois mes études terminées, je ne souhaitais pas entrer tout de suite dans le monde du travail. C’était le moment idéal pour moi de partir à l’étranger pour découvrir d’autres choses.
J’ai alors souhaité réaliser un volontariat dans le domaine de l’environnement. J’avais déjà beaucoup voyagé par le passé, mais jamais sur une longue durée. Ce qui ne permettait pas de découvrir le pays en profondeur.
J’avais d’abord orienté mes recherches sur le continent asiatique, mais j’ai eu beaucoup de mal à trouver une mission. C’est finalement en Tunisie que j’ai trouvé auprès du Service Civique International.

En quoi a consisté votre mission ?
J’ai réalisé ma mission de mars à septembre 2018, avec le Service Civique International, dans le sud de la Tunisie, à Chenini Gabès, une petite ville entourée par une oasis de palmiers dattier. J’ai rejoint l’Association Volontariat sans frontière Chenini, qui est au service des jeunes en favorisant l’échange international et le montage de projet. Située au sud du pays, Chenini n’a pas encore bénéficié de la décentralisation et ses moyens de développement sont assez faibles. En matière d’environnement, il y a beaucoup à faire. Les poubelles sont rares. Et la sensibilisation est d’autant plus difficile que de nombreux habitants tirent leurs revenus de l’usine de transformation de phosphates située à l’entrée de la ville.

Mes missions étaient variées. Trois fois par semaine, je me rendais dans la station de compost de feuilles de palme (que l’on trouve en nombre dans l’oasis) de l’Association de Sauvegarde de l’Oasis de Chenini. J’aidais notamment à la récolte et à la transformation de ces feuilles de palme en engrais à destination des agriculteurs. J’ai aussi participé à des animations (cours de français, chansons, activités manuelles…) auprès de personnes handicapées mentales ou moteur. Avec une autre volontaire, nous donnions aussi des cours de français à des élèves de maternelle et CP. J’ai également aidé à la réalisation d’un documentaire sur le tissu associatif local, qui est très dense à Chenini, à la demande de ma structure d’accueil. C’était très intéressant d’aller à la rencontre des associations de la ville afin de les interviewer et de découvrir l’ampleur de leurs actions. Une fois le film monté et finalisé, nous l’avons diffusé aux bénévoles.

Avez-vous rencontré des difficultés durant cette mission ?
J’ai rencontré quelques difficultés de communication, notamment avec les agriculteurs, qui ne parlaient pas Français. J’ai aussi dû m’habituer à la culture locale, à leurs habitudes. Les Tunisiens ont un rythme de vie différent, surtout dans le sud, ils ont un autre rapport au temps. Vivre l’interculturalité permet de prendre du recul, et de se remettre en question.

Que vous a apporté cette mission d’engagement ?
J’ai d’abord découvert une culture, des traditions et appris plein de choses sur les oasis.
J’ai découvert également tout l’univers du volontariat. Car avant ce service civique, je n’en avais jamais entendu parler ! On comprend alors qu’une fois ses études terminées, il y a une alternative aux CDD ou CDI classiques.

Quelles compétences avez-vous développées ?
Cette mission m’a permis de faire des choses dont je n’avais pas l’habitude : proposer des cours ou des initiations au français ou encore développer des compétences audiovisuelles (interviews, montage…) lorsque j’ai contribué à la réalisation du film. J’ai aussi gagné en assurance en prenant confiance en moi, car on m’a confié pas mal de responsabilités en définitive.

La crise du Covid-19 a-t-elle impacté votre mission ?
Dans ma nouvelle mission VSI avec France Volontaires, nous avons dû organiser un certain nombre de rapatriements de volontaires, et gérer tout cela avec les organismes d’accueil et les ambassades. Beaucoup de jeunes étaient assez stressés par la situation. Actuellement, nous ne proposons plus rien en présentiel à l’Espace Volontariat alors qu’à la base, c’est un lieu ouvert. Mais nous avons su nous réorganiser en proposant des événements en ligne à thème ou encore des forums volontaires afin de garder le contact et rester à l’écoute.

Quels conseils/messages donneriez-vous à d’autres jeunes pour leur donner envie de s’engager ?
Ne pas hésiter ! S’engager apporte beaucoup au niveau personnel comme professionnel. Si chacun prend part à des projets de manière concrète, ça peut prendre de l’importance au niveau global.

 

Ce portrait est réalisé dans le cadre du programme « Jeunes solidaires sans frontières » porté par la Ligue de l’enseignement et ses partenaires (Solidarité Laïque, France Volontaires, Engagé.e.s & Déterminé.e.s, le Réseau national des Juniors Associations et Animafac), et soutenu par l’Agence française de développement. Plus d’informations dans le kit pédagogique du programme